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Communiqué de Presse de Fierté-Haut-Marnaise – 01/08/2009
Assez de gesticulations !
Langres-Vesoul : l'autoroute des illusions perdues
Et pendant ce temps l'insécurité routière continue
ses méfaits sur l' « historique RN19 » ...
Le « feu vert » qu'aurait donné M. Sarkozy ces jours derniers à l'autoroute Langres-Vesoul n'est rien d'autre qu'un de ces « coups médiatiques » qui semblent devenus les instruments favoris de la politique actuelle. Ce type de promesse n'engage à rien, et grâce à une bonne couverture presse, ça rapporte gros sur le plan politique. Et comme les esprits sont devenus sceptiques, on en appelle maintenant au chef de l'Etat. Plus c'est gros mieux ça passe !
Beaucoup de bruit pour rien
M. Sarkozy n'a nulle part promis la réalisation de l'autoroute, il a seulement promis de « l'inscrire dans le prochain programme de modernisation des itinéraires », qui a remplacé les fameux contrats de plans Etat-Région en matière routière. Cela signifie en clair : « on le fera, mais à condition de trouver l'argent ».
Or, la question du financement a toujours été le point d'achoppement de ce projet. Le trafic entre Langres et Vesoul n'est que de 6000 véhicules par jour, celui d'une départementale banale. Beaucoup trop peu pour rentabiliser une autoroute et attirer les investisseurs privés qui exigent au moins 20.000 véhicules par jour.
Les choses auraient été différentes si l'Etat s'était engagé sur sa participation financière. Mais là, silence radio. Ca n'est pas bon signe.
Au total, beaucoup de bruit pour rien. En 2007, au moment de la concertation publique, on annonçait que le plan de financement était bouclé, ou en voie de l'être, avec des travaux susceptibles de commencer à court terme. Aujourd'hui, non seulement on apprend que le financement demeure un problème, mais que l'échéance de livraison est reportée à l'horizon 2020.
La promesse de Sarkozy ne signe pas un pas en avant, mais un recul !
Fausses bonnes manières
Il en eut été tout autrement, si, au lieu de vouloir faire une bonne manière au ministre de l’Education Nationale en lui écrivant une lettre de réconfort, le chef de l’Etat avait annoncé le déblocage des crédits nécessaires. Mais que nenni. Sarkozy sait bien qu'avec un déficit galopant il ne dispose d'aucune marge budgétaire.
. Comment ferait-il pour allouer à la Haute-Marne des sommes comparables à celles qu’il n’arrive même pas à mobiliser pour Neuilly, la ville à laquelle il doit tant ? Je fais allusion à la question de la couverture de la RN13, un autre serpent de mer routier où on ne compte pas moins de deux Sarkozy à la manoeuvre, le père et le fils, Jean propulsé conseiller général des Hauts de Seine l'an passé.
On nous a déjà fait le coup !
En 1996, déjà, le Premier ministre d'alors, Alain Juppé, nous avait fait la même promesse, mot pour mot « il donnait le feu vert » pour une réalisation dans un délai de sept à dix ans de l'autoroute (cf fac similé d'article). Celui-ci aurait donc dû être construit au plus tard en 2006. On sait ce que ça a donné... Le plan de financement n’est toujours pas bouclé en même temps que tout les déterminants du projet (crise, prix du pétrole, délocalisations, effets du Grenelle…) s’agitent dans tous les sens.
Aujourd'hui, comme si ce dossier n'avait pas d'histoire, on nous ressert le même plat, sans scrupules. Jusqu'à quand va-t-on nous prendre pour des imbéciles ?
Des marchands de chimères
Nous serions donc bénéficiaires d’une nouvelle promesse pour l’horizon 2020. Mais qui engage qui ?
A cette époque, dans le meilleur des cas, l'actuel chef de l'Etat aura achevé son deuxième quinquennat et vaquera vers d'autres passions. De son coté, l'actuel ministre de l'Education – devenu suffisamment connu au plan national – n'aura plus besoin de s'imposer des aller-retours éclairs Paris-Chaumont pour justifier de ses mandats locaux. Les Hauts-Marnais, se retrouveront face à eux mêmes, avec leur insécurité routière et leur déclin démographique.
Le développement économique doit en tirer les conséquences
On comprend que les acteurs du développement économique local plébiscitent l'annonce de la construction d'une infrastructure importante. Mais l'efficacité économique commande que les anticipations que l'on effectue reposent sur des bases réalistes. Et là le compte n'y est pas.
Il est donc temps que les entrepreneurs du département changent leur fusil d'épaule et planifient leur développement en fonction des moyens de transport dont ils disposeront réellement pour préserver leur compétitivité.
Morale
Depuis plusieurs années déjà, notre mouvement plaide non pas pour une autoroute à péage inutilement coûteuse et qui causera une balafre de plus dans nos paysages, mais pour la rénovation de la route actuelle. Au lieu de dilapider un temps précieux dans l'examen de promesses sans lendemain, il eût mieux valu commencer sans attendre des travaux d'élargissement, de mise en sécurité, de contournement. Tout n'aurait pas été finançable en une fois, mais si on avait commencé ne serait-ce qu'au moment des annonces de M. Juppé, en 1996, nous disposerions aujourd'hui incontestablement d'une route meilleure, à l’image de ce qui a été fait pour la RN67 et comme cela a été fait en Haute-Saône à l’Est de Vesoul.
Combien de vies auraient ainsi été épargnées en 20 ans ?
Il est plus que temps que les gesticulations prennent fin et que chacun prenne la mesure de l'importance sociale et économique de ce dossier.
Christian Després
Président de Fierté-Haut-Marnaise
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